Témoignages

Ci-dessous sont présentés quelques témoignages de victimes de la torture, soutenues par l’ITEI.

victim-1Le travail de l’ITEI se focalise sur la réhabilitation des victimes (et leurs entourages) de la violence d’Etat et de la torture, ainsi que sur la prévention de la violence. Ce travail est essentiel étant donné la situation politique en Bolivie.
Nous avons recueilli les témoignages des victimes de la violence d’État. Premièrement, cela aide leur réhabilitation psychologique et, deuxièmement, cela alerte la conscience publique du grave problème qu’il y a en Bolivie. Ci-dessous se trouvent quelqu’unes de leurs histoires…

Les présents témoignages sont des exemples de la torture exercée actuellement et qui ont lieu sous le GOUVERNEMENT D’EVO MORALES AYMA.

« Du 17 au 20 juillet, ils m’ont torturé…ils m’ont donné des coups de pieds dans la tête, frappé contre le sol de ciment. Ils m’ont attrapé la tête pour me donner des coups. Ils m’ont frappé dans le dos…ils m’ont mis un sac de nylon noir sur le visage et l’ont fermé…ils m’ont couvert la bouche, mon nez et mes mains furent menottées vers l’avant, mes pieds liés. Là j’ai reçu des coups de poings et coups de pieds, piétiné sur le sol…J’ai eu des fractures de la cloison nasale, pommette et des côtes. Ils m’ont détruit une main, ils ont mis du fer entre mes doigts et ont serré…Le pire fut quand ils m’ont dit « Ta femme et tes enfants sont à Obrajes, ils sont en train de la violer. »… » Juan Bascopé, Vice-président de l’Association des Apiculteurs d’Apolo.
dsc00918« Ils m’ont amené dans une habitation et m’ont encapuchonné, m’ont serré les mains et commencé à me frapper, me marcher sur les pieds tout en m’interrogeant sur un enlèvement, comme je ne disais rien ils m’ont couvert la tête avec un sac en nylon et ont commencé à m’asphyxier et à me frapper de temps en temps la bouche, ensuite ils m’ont appliqué du courant sur les jambes et sur la fesse droite.. ils m’ont jeté par terre me déshabillant à la taille et de nouveau ils m’ont appliqué du courant plus fort avec un bâton ou un garrot, je ne sais pas, jusqu’à ce que je m’urine dessus, pour terminer ils m’ont frappé le visage contre le sol et m’ont laissé dans cette position. Pendant qu’ils me frappaient, ils m’ont menacé de me tuer et de me violer, « Nous allons te mettre un bâton par devant et par derrière », « Nous allons te tuer et te jeter dans ta voiture dans un fossé », « Nous allons tuer tes parents et ton fils » ». Femme de 40 ans, chauffeuse de Radio Taxi
«Pendant 2 jours, je fus victime de tortures permanentes par des personnes cagoulées et autres membres de la police que j’ai pu reconnaitre. C’était sans aide juridique. Ils nous ont menottés dans une camionnette. Je suis resté menotté pendant 8 heures. Ils m’ont menacé avec une culasse sur la poitrine et m’ont exposé à des décharges électriques avec une espèce de pistolet, me demandant « Où est Juan ? ». Au sommet, ils ont menacé de me jeter dans un sac ». Témoignage d’Angel Piluy (Caso Apolo)
«Il fut détenu et agressé physiquement et verbalement par des policiers cagoulés, il a signé des déclarations sans les lire et n’a pas été autorisé à regarder l’effraction de son domicile…il fut frappé à la tête, à l’estomac et menacé de mort…ils lui ont mis un sac plastique noir sur la tête et lui ont couvert le visage et le nez avec une main pour l’empêcher de respirer, comptant jusqu’à 10 puis le laissant respirer un petit peu, par moments seulement il avalait une bouffée d’air et ils lui coupaient de nouveau la respiration, « j’ai presque perdu connaissance parce que j’ai des problèmes de respiration. » » Témoignage de José Cantoral (Réfugié péruvien en Bolivie)
«Dans le cas Belaunde, un avocat fut durement torturé, et Yuliano Arista (Curaca blanc) et sa fille Carmen Arista soumis à une méthode classique de torture psychologique qui est de menacer la famille dans le cas où aucune information n’est donnée. Yuliano Arista raconte que quand il est arrivé à La Paz, il a reçu un message du gouvernement qui lui disait : «Dis où est Belaunde sinon tu vas chier et ta famille va chier.» Quand il fut informé que sa fille avait été détenue, il s’est effondré. Il était prêt à payer quoi que ce soit pour que sa fille soit libérée. Il demanda combien ils voulaient, il avait 2000 USD. Le Major Larrea, chef d’investigation, lui demande 10 000 USD : « Si tu tiens à elle, tu me donnes 8000 USD plus tard ». Sa fille, Carmen Arista, commente : «Sur le chemin de Caracollo à La Paz, le colonel Ramos me dit « Ton père a tout dit ». Quand j’ai pu communiquer avec lui, il me dit : « Dis tout ce que tu sais. » Je ne savais rien, mais j’ai eu peur quand je l’ai entendu parler, il était mal, faible. Là je commence à désespérer et grâce à un avocat au Brésil dont il avait le téléphone, il a pu s’entendre avec Martin et lui dire avec une douleur sur le cœur, le suppliant qu’il se livre parce que la famille est détenue. » » Témoignage de Yuliano Arista
dsc00110“Le 3 septembre 2014, plus de 80 étudiants de médecine vétérinaire de l’Université Indigène « Túpac Kataro » furent transportés au bataillon de la Marine de Chúa avec comme prétexte de faire des exercices militaires, qui avaient en fait une fonction punitive. Cette journée avait été décidée entre le vice-recteur, Cimar Katari et le capitaine Merix Bertiz Blanco, enseignant de la même université où il eut la chaire de « Décolonisation ». Dans un premier temps, les étudiants ont dû faire toute la journée des exercices éprouvants et nocifs pour la santé, tout ça accompagné de cris, insultes, chansons obscènes et sexistes, qui ont pour but de causer peurs et intimidations. A partir de 9 heures du soir, une deuxième phase a commencé, coups dans les parties sensibles du corps, attouchements sexuels, utilisation abusive et dangereuse du gaz poivre, provoquant des problèmes de respiration et de vue. Cette scène de terreur fut introduite avec une musique d’enterrement, hurlements des conscrits, explosifs et les lieutenants qui hurlaient « Allons au cimetière ». Tous ont vu comment un des étudiants fut piétiné par différents soldats jusqu’à ce que l’instructeur dise « stop », ce qui provoqua rires et moqueries des soldats. » Témoignage de plusieurs étudiants de l’université indigène « Tupac Katari »